Discipline en rapide évolution, la psychologie environnementale évolue et avance avec les préoccupations environnementales, sociales et sanitaires. Ces bouleversements placent désormais la discipline au cœur des enjeux de soutenabilité des environnements humains. Si la recherche produit des connaissances, des critiques et des pistes d'action, elle peut également être mobilisée au service de politiques ou de pratiques qui, au regard des limites planétaires, s'avèrent potentiellement insoutenables. Cette tension interroge le rôle de la discipline dans un monde traversé par des polycrises. En effet, les politiques publiques et les mesures visant à réduire l'impact écologique se multiplient et cherchent à gagner en efficacité. Dans ce contexte, les sciences sociales — et plus particulièrement la psychologie environnementale — sont souvent mobilisées pour favoriser l'acceptabilité de ces mesures. Toutefois, dans une démocratie fragilisée, une question demeure : la psychologie sociale et environnementale, et plus largement les « sciences comportementales », peuvent‑elles continuer à promouvoir l'acceptabilité de ces mesures ou encourager le changement de comportements lorsque les systèmes structurels restent inchangés ?